Deuil et sexualité : quand le corps et le désir sont impactés
- Patricia Rigon
- 20 janv.
- 2 min de lecture
Perdre un être cher est une épreuve bouleversante. Le deuil ne touche pas seulement le cœur et l’esprit : il impacte aussi le corps, les émotions… et la sexualité. Pourtant, ce lien reste souvent tabou, comme s’il n’avait pas le droit d’exister.
Le deuil : un tsunami émotionnel
Le deuil traverse différentes phases : choc, tristesse, colère, culpabilité, vide, fatigue…Toutes ces émotions mobilisent énormément d’énergie psychique. Dans ce contexte, il est très fréquent que le désir sexuel diminue, voire disparaisse temporairement.
Certaines personnes se sentent « éteintes », coupées de leurs sensations, de leur corps, de leur élan vital. D’autres au contraire peuvent ressentir une augmentation du désir, comme un besoin de se sentir vivant(e) ou rassuré(e). Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise réaction : chaque deuil est unique.

Les conséquences possibles sur la sexualité
Le deuil peut entraîner :
une baisse ou une perte de désir
des difficultés d’excitation ou de lubrification
des troubles de l’érection
une absence d’orgasme
une sensation de déconnexion au corps
une culpabilité à ressentir du plaisir
Beaucoup de personnes se disent : « Je ne devrais pas penser à ça maintenant »,« Ce n’est pas le moment d’avoir envie » ou encore « J’ai l’impression de trahir la personne que j’ai perdue ».
Ces pensées sont fréquentes… et profondément humaines. Le plaisir peut devenir chargé de honte ou de culpabilité, alors qu’il est aussi un mouvement naturel de la vie qui continue.
Et dans le couple ?
Quand le deuil touche l’un des partenaires, il touche souvent l’autre aussi, même différemment. Les rythmes émotionnels peuvent être décalés : l’un a besoin de proximité, l’autre de retrait. Cela peut créer de l’incompréhension, des tensions, voire un sentiment de rejet.
Parfois, le silence s’installe autour de la sexualité, par peur de blesser l’autre ou de paraître déplacé. Et pourtant, parler de ce qui se vit intérieurement permet souvent de recréer de la sécurité et de la douceur dans la relation.
Se réconcilier avec son corps et son désir après un deuil
Il n’y a pas de délai « normal » pour retrouver du désir. Il n’y a pas d’obligation à aller bien, ni à avoir envie. Le plus important est de s’autoriser à ressentir ce qui est là, sans se juger.
Se reconnecter au corps peut se faire progressivement, à travers :
des moments de tendresse
des gestes de douceur
des temps pour soi
des pratiques de relaxation ou de respiration
une écoute plus fine de ses besoins
La sexualité après un deuil peut être différente. Elle peut devenir plus lente, plus émotionnelle, plus profonde. Et parfois, elle a simplement besoin de temps pour renaître.
Quand se faire accompagner ?
Si la souffrance persiste, si la sexualité devient source d’angoisse, de conflit ou de mal-être durable, un accompagnement thérapeutique peut être précieux. Parler de ce qui se joue, déposer la culpabilité, comprendre ses blocages, retrouver une relation apaisée à son corps et à l’intimité… tout cela peut faire une réelle différence.
Le deuil transforme. La sexualité aussi peut se transformer. Et il est possible, à son rythme, de retrouver un lien vivant, respectueux et apaisé à soi-même et à l’autre.




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