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Deuil et sexualité : quand le corps et le désir sont impactés

Photo du rédacteur: Patricia Rigon
Patricia Rigon
20 janv.
2 min de lecture

Dernière mise à jour : 10 sept.

Perdre un être cher est une épreuve bouleversante. Le deuil ne touche pas seulement le cœur et l’esprit : il impacte aussi le corps, les émotions… et la sexualité. Pourtant, ce lien reste souvent tabou, comme s’il n’avait pas le droit d’exister.


Le deuil : un tsunami émotionnel


Le deuil traverse différentes phases : choc, tristesse, colère, culpabilité, vide, fatigue…Toutes ces émotions mobilisent énormément d’énergie psychique. Dans ce contexte, il est très fréquent que le désir sexuel diminue, voire disparaisse temporairement.

Certaines personnes se sentent « éteintes », coupées de leurs sensations, de leur corps, de leur élan vital. D’autres au contraire peuvent ressentir une augmentation du désir, comme un besoin de se sentir vivant(e) ou rassuré(e). Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise réaction : chaque deuil est unique.


Deuil et sexualité : comment la perte d’un proche peut impacter le désir, le corps et l’intimité, et comment se reconnecter à soi après un deuil.

Les conséquences possibles sur la sexualité


Le deuil peut entraîner :

  • une baisse ou une perte de désir

  • des difficultés d’excitation ou de lubrification

  • des troubles de l’érection

  • une absence d’orgasme

  • une sensation de déconnexion au corps

  • une culpabilité à ressentir du plaisir

Beaucoup de personnes se disent : « Je ne devrais pas penser à ça maintenant »,« Ce n’est pas le moment d’avoir envie » ou encore « J’ai l’impression de trahir la personne que j’ai perdue ».

Ces pensées sont fréquentes… et profondément humaines. Le plaisir peut devenir chargé de honte ou de culpabilité, alors qu’il est aussi un mouvement naturel de la vie qui continue.


Et dans le couple ?


Quand le deuil touche l’un des partenaires, il touche souvent l’autre aussi, même différemment. Les rythmes émotionnels peuvent être décalés : l’un a besoin de proximité, l’autre de retrait. Cela peut créer de l’incompréhension, des tensions, voire un sentiment de rejet.

Parfois, le silence s’installe autour de la sexualité, par peur de blesser l’autre ou de paraître déplacé. Et pourtant, parler de ce qui se vit intérieurement permet souvent de recréer de la sécurité et de la douceur dans la relation.


Se réconcilier avec son corps et son désir après un deuil


Il n’y a pas de délai « normal » pour retrouver du désir. Il n’y a pas d’obligation à aller bien, ni à avoir envie. Le plus important est de s’autoriser à ressentir ce qui est là, sans se juger.

Se reconnecter au corps peut se faire progressivement, à travers :

  • des moments de tendresse

  • des gestes de douceur

  • des temps pour soi

  • des pratiques de relaxation ou de respiration

  • une écoute plus fine de ses besoins

La sexualité après un deuil peut être différente. Elle peut devenir plus lente, plus émotionnelle, plus profonde. Et parfois, elle a simplement besoin de temps pour renaître.


Quand se faire accompagner ?


Si la souffrance persiste, si la sexualité devient source d’angoisse, de conflit ou de mal-être durable, un accompagnement thérapeutique peut être précieux. Parler de ce qui se joue, déposer la culpabilité, comprendre ses blocages, retrouver une relation apaisée à son corps et à l’intimité… tout cela peut faire une réelle différence.

Le deuil transforme. La sexualité aussi peut se transformer. Et il est possible, à son rythme, de retrouver un lien vivant, respectueux et apaisé à soi-même et à l’autre.


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